vendredi 18 janvier 2008

Erika - Exxon Valdez : des gestions de crise bien différentes

Pour compléter notre dossier sur le naufrage de l'Erika, faisons une comparaison avec une autre catastrophe maritime tristement célèbre, celle de l'Exxon-Valdez survenue en Alaska en 1989.
Le déversement en mer de 38.000 tonnes de pétrole brut suite à l'échouement du pétrolier avait souillé 800 km de côtes, provoquant ainsi la plus grande marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

Les deux crises n'ont pas été gérées de la même manière, les lois françaises et américaines n'étant pas semblables, notamment en ce qui concerne la responsabilité des compagnies pétrolières.

Pour aller plus loin dans cette analyse, voici un article paru dans "Le nouvel économiste" en juillet 2000. Ce texte, intitulé "Le deuxième naufrage de l'Erika", est une étude comparée des comportements des gouvernements français et américains et des deux compagnies pétrolières impliquées, Total et Exxon-Mobil, dans les heures, les semaines et dans les mois qui suivirent les faits.

Le deuxième naufrage de l'Erika, par Julien Hanoteau et Patrick A. Messerlin.

jeudi 17 janvier 2008

Audiovisuel : suppression de la publicité sur France Télévisions ?

Selon un article paru dans le magazine Challenges, la nouvelle d'une amorce de réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision du service public a surpris beaucoup de monde.
A commencer par Patrick de Carolis, président de France Télévisions, mais aussi Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication et Georges-Marc Benamou, conseiller de M. Sarkozy pour les question liées à l'audiovisuel.
Cette information a fait l'effet d'une bombe dans les bureaux des chaînes publiques, entraînant la stupéfaction des 11.000 salariés.
Challenges évalue que le manque à gagner pourrait s'élever à une somme comprise entre 800 millions et 1,2 milliard d'Euros par an.
Pour financer France Télévisions, en plus de la redevance, Nicolas Sarkozy parle "d'une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et [d']une taxe infinitésimale sur le chiffre d 'affaires des nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile".
Cela sera-t-il suffisant ou se dirige-t-on vers une profonde restructuration de l'audiovisuel public en France ?

mercredi 16 janvier 2008

Erika : nouvelle donne pour les compagnies pétrolières

Le jugement rendu hier par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire du naufrage de l'Erika jette un énorme pavé dans la marre des compagnies pétrolières.
Jusqu'ici, leur responsabilité ne pouvait être engagée lors d'un accident ou d'une pollution maritime puisque les navires étaient simplement affrétés par les grands groupes pétroliers, ceux-ci n'en étant donc pas propriétaires.
Désormais, cette parade juridique n'est plus valable suite à la reconnaissance du préjudice d'atteinte à l'environnement.
Le tribunal, après avoir créé hier cette nouvelle notion, a immédiatement précisé que tout le monde ne pourra s'en prévaloir : seuls les départements intégrant des zones sensibles et les associations de protection de l'environnement pourront saisir la justice en invoquant ce préjudice.
C'est la raison pour laquelle les dommages et intérêts dans l'affaire de l'Erika ont été fixés à 198 millions d'Euros "seulement", alors que les 101 parties civiles avaient réclamé un milliard d'Euros.

Affaire Erika : les chiffres

Voici les principaux chiffres à retenir:

  • 600.000 euros : le coût estimé du procès,
  • 156 volumes : le dossier pénal,
  • 3.500 pages : les conclusions déposées par les avocats,
  • 101 parties civiles : celles ayant déposé une demande d'indemnisation,
  • un milliard d'euros : le montant total des dommages et intérêts réclamés,
  • 12,58 milliards d'euros : bénéfice record en 2006 de Total, le plus gros jamais enregistré par une entreprise française,
  • 25 ans : l'âge qu'allait avoir le pétrolier Erika quand il a sombré,
  • 20.000 tonnes : le fioul lourd échappé des soutes du pétrolier,
  • 400 km : la longueur des côtes souillées par la marée noire,
  • 150.000 : le nombre minimum estimé d'oiseaux mazoutés.

Source : 20 minutes.

Attente du jugement dans le procès du naufrage de l'Erika

En 1999, le navire Erika, affrété par la société pétrolière française Total, se brisait en deux dans la tempête au large des côtes bretonnes et causait une très importante marée noire en déversant en mer sa cargaison de 20.000 tonnes de fuel lourd.
Huit ans après les faits, le jugement dans le procès de cette catastrophe sera rendu aujourd'hui par le tribunal correctionnel de Paris.
Les peines requises le 4 juin dernier sont les suivantes :
  • 375.000 € d'amende à l'encontre de Total SA, 375.000 € d'amende pour Total Transports et une amende dont le montant reste à définir pour Total Petroleum Services,
  • 375.000 € d'amende pour la société italienne de classification des navires RINA,
  • 75 000 € d'amende et un an de prison avec sursis pour l'armateur et le gestionnaire du navire,
  • 10.000 € d'amende pour le capitaine indien Karun Mathur, qui ne s'est jamais présenté aux audiences.

Ces réquisitions paraissent dérisoires lorsqu'on considère les dommages causés par le naufrage, mais ce sont les peines maximales prévues par la loi relative aux pollutions maritimes.
Mais ce que l'on attend de ce jugement, c'est que le tribunal pourrait faire jurisprudence en condamnant Total à verser un montant sans précédent au titre des dommages et intérêts pour "préjudice écologique". Les parties civiles réclament en effet un milliard d'Euros et à lui seul, l'état français estime sa facture à 150 millions d'Euros.
Du gros temps en perspective pour Total !

mardi 15 janvier 2008

Afghanistan : premier attentat taliban à Kaboul depuis 2001

L'actualité internationale très chargée de ce début d'année (émeutes au Kenya, tensions américano-iranienne, situation des otages des Farc en Colombie, instabilité au Pakistan, guerre en Irak, ...) a masqué pour un temps le conflit en Afghanistan opposant les talibans aux forces de la coalition internationale.

Or, un évènement tragique vient de remettre cette guerre un peu oubliée sur le devant de la scène médiatique : un attentat dont le bilan provisoire fait état de 6 morts et de 6 blessés a été perpétré ce matin dans un hôtel de luxe en plein centre de Kaboul.
Revendiquée par les talibans, cette attaque marque un tournant dans le déroulement de ce conflit dans la mesure où elle est la première à être commise dans la capitale afghane depuis la chute du régime islamiste radical en 2001.

On le voit, la situation du pays est loin d'être stable. Pour l'OTAN, la guerre en Afghanistan a même connu en 2007 son année la plus sanglante et l'organisation atlantique estime que la lutte contre les talibans s'enlise.